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Son Couronnement
L'hérésie
amarnienne touche à sa fin, Akhenaton n'est plus. Néfertiti, qui
lui survit, règne sur la capitale désertée.

En
fait, la majorité des courtisans, sentant tourner le vent de
l'Histoire ont regagné Thèbes, l'ancienne capitale ou les
prêtres d'Amon, spoliés par Akhenaton préparent leur revanche
!
Le
"divin père Ay", chef de la charrerie, fidèle au
souverain hérétique, tout au long de son règne, sent que le
moment est venu de remettre l'Égypte dans le droit chemin. Le
vieil atoniste repenti sait également que le clergé d'Amon
n'est pas encore suffisamment fort pour imposer sa loi !
 
Aussi
s'allie-t-il au fougueux général Horemheb, à qui sa carrière
militaire vaut une grande réputation. Ay ne souhaite ni guerre
de religion, ni chasse aux sorcières ! La sagesse le pousse à
proposer pour souverain Toutankhamon, prince de lignée royale,
que sa jeunesse et son innocence en matière politique placent
au dessus de tout soupçon !
Avec
l'approbation du clergé d'Amon, il marie l'enfant à une de ses
cousines, fille du couple schismatique : Akhenaton et
Néfertiti, Ankhsenaton, devenue Ankhsenamon.

Ainsi
paré de la virilité du "Taureau de l'Égypte", le jeune garçon
peut accéder à l'intronisation suprême ! Dans un commun accord,
le lieu de la cérémonie est fixée à Karnak et non à Memphis. Ce
choix est d'une grande importance.
D'une
part, il redore le blason de Thèbes qui retrouve son statut de
capitale politique et de ville sainte de l'Empire. D'autre part
et surtout, il conforte le clergé d'Amon dans son rôle
officiel de guide spirituel du pays tout entier, coupant l'herbe
sous le pied à toute revendication atonienne.
 
Même
s'il a reçu une éducation royale, Toutankhamon est bien trop
jeune pour gouverner le pays. Mais, Ay (encore lui !), son
tuteur, sait que la paix du royaume est à ce prix. Aussi,
veille-t-il à ce que son protégé suive exactement ses
recommandations.

Pendant
les quelques jours qui précèdent l'intronisation du roi,
énormément de serviteurs ont nettoyé comme ils le pouvaient
le temple de Karnak malmené par les fanatiques atoniens.
 
Le
matin du grand jour, le jeune garçon subit le jeûne rituel et
les purifications indispensables avant d'être revêtu d'un
simple pagne.
C'est
tête et pieds nus qu'il se rend sur les lieux de la
cérémonie. Une longue procession se dirige vers le premier
pylône. Là, seuls l'enfant et les hauts dignitaires sont
invités à pénétrer dans l'enceinte sacré ou les prêtres,
vêtus de leurs costumes d'apparat, les attendent.
L'un
d'entre eux, la tête cachée par un masque d'Horus, prend la
main du jeune Toutankhamon et l'entraîne vers une chapelle
aménagée devant la porte monumentale du deuxième pylône.

Dans ce
petit temple, le futur monarque reçoit le baptême purificateur.
Debout dans une vasque, il se fait asperger de l'eau de vie,
contenue dans une aiguière d'or, par quatre prêtres se tenant
aux quatre points cardinaux.
Une
fois purifié, Toutankhamon se dirige vers "La maison du
Roi", quartier situé entre le 2ème et le 3ème pylône,
dans une salle jubilaire ornée en son centre de 2 obélisques.
La
salle, dont le plafond est soutenu par des colonnes papyriforme
est décorée de statues osiriaques (du dieu Osiris) à
l'effigie de Thoutmosis III et de Touthmôsis IV, les aïeuls de
l'enfant roi.
 
De
chaque côté ont été dressés
deux chapelles représentant les
temples primitifs du pays :
*
"La Maison de la Flamme" pour le nord et
*
"La Grande Maison" pour le sud.
Lorsqu'il
pénètre dans la chapelle du sud, une jeune prêtresse d'Amon
incarnant "La Grande Magie" la déesse serpent vient
à sa rencontre et l'embrasse selon le rite. En s'enroulant
autour de sa tête, elle fait mine d'apparaître sur son front,
tel l'uræus d'or qui sévit sur le front du Pharaon.

 
A
ce moment précis, Toutankhamon est reconnu comme l'héritier du
Trône. Le grand prêtre d'Amon s'avance vers lui, vêtu de la
peau de léopard traditionnelle et pose symboliquement sur la
tête de l'enfant les couronnes du pouvoir. Mais c'est avec la
couronne bleue appelée le Khepresh que le roi sort enfin de la
dernière chapelle.

A
sa ceinture pend maintenant la queue des chefs de clan
primitifs. Il a chaussé les sandales dont les semelles sont
illustrées des images des peuples hostiles à l'Égypte. En les
chaussant, le roi accomplit le geste de les écraser de sa force
divine.
 
D'un
pas mal assuré, Toutankhamon marche vers une nouvelle chapelle
ou il est béni par le souffle du dieu. Une longue cérémonie
commence alors, durant laquelle il va recevoir les cinq
éléments de la titulature, préparés par les scribes de la
maison de vie :
* pour
Horus : il est le "Taureau puissant aux belles
renaissances",
* pour
les Deux Maîtresses (le cobra et le vautour) :"Celui dont
les lois sont parfaites et qui apaise le Double pays",
* pour
l'Horus d'or : image du bien et de la vie, "Celui dont les
apparitions refleurissent et qui satisfait les dieux".
Il est
par ailleurs roi de Haute et Basse-Egypte, "Rê qui est
seigneur des devenirs", et, enfin, en tant que fils de Rê,
son nom solaire de naissance est Toutankhamon, prince d'Hermonthis.
Investi
de tous les pouvoirs, le nouveau pharaon se rend enfin au fond
du sanctuaire afin d'y célébrer son premier culte.
Tenant
entre ses mains les sceptres d'Osiris, le crochet et le
chasse-mouches, il regagne alors lentement l'axe du temple,
passe par le sanctuaire de la barque sacrée avant de pénétrer
enfin dans le saint des saints, pour "contempler la face du
Dieu".

Et le
jeune pharaon sort du sanctuaire à bord de son char équipé
des meilleurs chevaux du royaume et se présente à son peuple
qui est convié à fêter l'évènement. Les habitants de
Thèbes "la ville aux cents portes" ont fait le plein
de bière et de victuailles.
Ils chantent les louanges de
l'enfant roi qui a promis -selon la décision d'Ay et
d'Horemheb- de redonner à Thèbes son lustre d'antan et a
décrété une amnistie générale.
 
Désolé
si cela est long à lire mais vous savez c'est tellement beau
comme histoire et tellement bizarre de se dire que cela a
vraiment exister que je me devais de vous mettre tous les
détails d'un couronnement !

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