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La
Découverte
de sa
Tombe
Contrairement à ce qu'on a pu lire, ici ou
là dans la presse en 1997, la tombe de Ramsès II était connue bien avant les
fouilles de Christian Leblanc. Elle avait en effet été découverte dès 1817 par
le consul d'Angleterre Henri Salt.
Septième tombe mise au jour dans la Vallée
des Rois - d'ou son numéro KV (King Valley) 7 -, elle était entièrement comblée
par les sédiments que les pluies torrentielles avaient charriés au fil des
siècles et ne put être dégagée que sur 60 m.
Champollion la visita en 1829 et y copia
même quelques textes.
 
C'est le
grand
égyptologue
allemand
Karl
Lepsius
qui, le
premier,
explora
l'ensemble
de la
sépulture,
mais il
fallut
attendre
1913-1914
pour que
des
fouilles
soient
entreprises
par les
Américains.
Leurs
efforts
furent
malheureusement
anéantis
par la
grande
inondation
de 1914.
Entre
1917 et
1920,
Howard
Carter
prospecta
à son
tour le
site,
avant
d'abandonner
les
travaux
pour se
consacrer
à la
recherche
de la
sépulture
de
Toutankhamon
avec le
succès
que l'on
sait.
Le
tombeau
de
Ramsès
ne fit
alors
plus
l'objet
d'études,
à
l'exception
d'une
prospection
superficielle
en
1978-1979.
Laissé à
l'abandon,
il se
dégrada
et se
remplit
à
nouveau
de
terre.
 
C'est en
1991,
seulement
que de
véritables
fouilles
scientifiques
furent
envisagées.
A
l'époque,
le CNRS
et le
CEDAE
(Centre
d'Étude
et de
Documentation
sur
l'Égypte
Ancienne)
avaient
pratiquement
achevé
leur
programme
de
recherches
dans la
Vallée
des
Reines.
Ils
décidèrent
donc
d'entreprendre
une
étude
systématique
de la
tombe de
Ramsès
II et du
Ramesséum
(son
temple
de
millions
d'années).
Commencés
en 1993,
les
travaux
sont
menés
depuis
par
Christian
Leblanc
et son
équipe
dans le
cadre de
l'Institut
d'égyptologie
thébaine
du
Louvre
en
collaboration
avec le
Conseil
supérieur
des
antiquités
égyptiennes,
et avec
le
soutien
d'un
mécénat
privé.
Le
voici
dans la
chambre
funéraire,
une
salle de
200
mètres
carrés
avec une
hauteur
sous
plafond
de 6 m,
s'ouvrant
à 20 m
sous
terre.

Après
plusieurs
années
de
travaux,
un plan
détaillé
du
tombeau
est
aujourd'hui
établi.
La
sépulture
d'un des
plus
fameux
souverains
d'Égypte
livre
peu à
peu ses
secrets.
Voici
ci-dessous,
le
Détail
d'un des
textes
hiéroglyphiques
d'une
finesse
exceptionnelle,
délavés
par les
eaux,
qui
ornent
la
douzaine
de
salles
de la
tombe.

 
Son
histoire
commence
en l'an
67 du
règne de
Ramsès
II,
quand
ont lieu
les
funérailles
du
souverain.
Rapidement
la tombe
est
victime
des
premières
tentatives
de vol.
Dans un
papyrus
administratif
daté de
l'an 29
du règne
de
Ramsès
III, on
apprend
ainsi
qu'elle
fit
l'objet
d'une
effraction
en même
temps
que la
tombe
des fils
de
Ramsès
II (KV5)
:
"Ouserhat
et
Pentaour
ont
forcé
les
pierres
qui
étaient
devant
la tombe
de
l'Osiris
Ousermaâtré
Setepenrê
(Ramsès
II)
qu'il
soit en
vie,
santé,
force,
le grand
dieu...et
Kenna,
fils de
Routa, a
fait de
même
avec la
tombe
des
enfants
royaux."
Le
pillage
des
sépultures
s'intensifie
à la fin
de l'ère
ramesside
au point
que les
prêtres
sont
contraints
de
transférer
les
momies
royales,
dont
celle de
Ramsès
II, dans
la
cachette
de Deir
el-Bahari.
Aux
époques
romaine
et
copte,
la tombe
est d'un
accès
facile,
comme le
prouvent
les
graffitis
laissés
par les
touristes
antiques.
L'un
d'eux a
même
gravé ce
commentaire
:
"
J'ai
beaucoup
aimé !"
De
cette
époque
datent
d'ailleurs
beaucoup
de
poteries
abandonnées
sur le
sol par
des
visiteurs
peu
respectueux.
On ne
sait en
revanche
rien de
l'histoire
du
tombeau
jusqu'à
sa
redécouverte
par Salt
au XIXè
siècle,
si ce
n'est
qu'il
fut
progressivement
comblé
par la
terre
apportée
par
diverses
inondations.
Son
accès
fut donc
naturellement
condamné
pour des
siècles.
 
Les
fouilles
menées
par
Christian
Leblanc
et son
équipe
ont
permis
d'en
savoir
plus sur
la tombe
de
Ramsès
II.
Elles
ont
notamment
montré
l'originalité
de son
plan et
porté à
la
connaissance
des
chercheurs
la
nature
de sa
décoration.
Le
sarcophage
de
Ramsès
II est
immense,
comme il
sied au
pharaon
qui,
après
Pépi II
eut le
règne le
plus
long de
l'histoire
égyptienne.
Creusée
dans le
sol
comme le
voulait
la
tradition
du
Nouvel
Empire,
cette
sépulture
mesure
pas
moins de
116 m de
longueur.
Malgré
ses
dimensions
imposantes,
elle est
cependant
un plus
courte
que
celle de
son père
Séthi
Ier, qui
mesure
150 m.
Son plan
quant à
lui, est
tout à
fait
original.
Au lieu
de
présenter,
comme
celles
de ses
prédécesseurs
directs,
un plan
basé sur
un axe
unique
sur
lequel
se
succèdent
en
enfilade
couloirs
et
pièces,
la
sépulture
de
Ramsès
II
s'organise
suivant
deux
axes
nord-sud
et
est-ouest.
On
y
pénètre
par un
corridor
d'accès
de 80m
de
longueur
et 60 m
de
profondeur
orienté
sud-nord.
Il
débouche
sur une
première
salle à
piliers
donnant
sur deux
autres
pièces
vers
l'est,
puis sur
une
antichambre
décorée,
communiquant
elle-même
avec la
salle du
sarcophage
(flanquée
de
quatre
annexes
latérales).
 
Au
lieu de
se
trouver
dans
l'axe,
cette
pièce a
été
creusée
perpendiculairement
sur un
axe
ouest-est.
La tombe
forme
donc un
coude, à
l'instar
des
tombeaux
des
souverains
égyptiens
avant
l'époque
amarnienne.
C'est en
effet
Akhenaton
qui
avait
institué
le plan
à axe
unique.
Pourquoi
Ramsès
II
abandonna-t-il
les
modifications
de son
prédécesseur
??
Faut-il
chercher
à ce
revirement
des
raisons
politiques
et
idéologiques
?
On
sait en
effet
que
Ramsès
II
s'acharna
à
persécuter
la
mémoire
du
pharaon
hérétique.
Signifiait-il
par cet
abandon
sa
rupture
définitive
avec
l'idéologie
amarnienne
?
Si
séduisant
que soit
cette
idée,
les
travaux
de
Christian
Leblanc
tendent
à
montrer
que les
causes
étaient
bien
plus
pragmatiques.
Les
fouilleurs
ont en
effet
remarqué
qu'au
niveau
de
l'antichambre
le
calcaire
entrait
en
contact
avec de
la
marne.
Selon
toute
vraisemblance,
les
ouvriers,
s'étant
aperçus
de ce
fait,
furent
donc,
obligés
de
modifier
le plan
initial
de la
tombe
pour
creuser
dans un
terrain
plus
stable.
 
La
décoration
de la
tombe de
Ramsès
II est
en
revanche
assez
traditionnelle.
Les
parois
sont en
effet
recouvertes
du texte
et des
illustrations
des
recueils
funéraires
royaux
en vogue
à
l'époque
- la
Litanie
du
Soleil,
le Livre
des
Portes,
le Livre
de la
Vache du
ciel et
le
Rituel
de
l'ouverture
de la
Bouche).
Mais
aussi
des
tableaux
d'offrandes
montrant
le roi
en
compagnie
des
divinités.
On y
trouve
néanmoins,
chose
plus
rare
pour un
tombeau
royal,
certaines
formules
du Livre
des
Morts,
le livre
funéraire
des
particuliers.
Dans
l'antichambre
ont
ainsi
été
reproduites
certaines
séquences
du
chapitre
125,
relatif
au
jugement
du Mort.
 
Toute la
décoration
a été
gravée
dans un
relief
beaucoup
plus
léger
que
celui
des
autres
sépultures
royales.
Cette
originalité
traduit
sans
aucun
doute
une
évolution
des
techniques
qui se
fera
sentir
après le
règne de
Ramsès
II. Les
tombes
royales
seront
désormais
décorées
avec un
relief
dans le
creux.
Détail
charmant,
le nom
de la
reine
Néfertari
a dans
un
endroit
été
écrit
dans un
cartouche,
insigne
honneur
qui
témoigne
sans nul
doute de
l'attention
particulière
que
Ramsès
II
portait
à son
épouse.
Voici
ci-dessous
Ramsès
II
sculpté
sur le
mur
d'une
des
salles.

 
La
tombe
ayant
été
pillée
dans
l'Antiquité
et
inspectée
au XIXè
siècle,
l'équipe
de
Christian
Leblanc
n'a mis
au jour
qu'un
mobilier
funéraire
réduit.
Les
découvertes
se
limitent
à
quelques
menus
objets,
comme un
magnifique
fragment
d'ouchebti
à
l'effigie
de
Ramsès
II.

Une
grande
joie
attendait
cependant
les
fouilleurs
: la
découverte
du
sarcophage
du
souverain
depuis
si
longtemps
recherché.
Son état
de
conservation
est
malheureusement
lamentable
puisqu'il
est en
miettes
: pas
moins de
quatre
cents
morceaux,
un
formidable
puzzle !
Ce
cercueil
en
calcite,
à
l'origine
momiforme,
portait
à
l'intérieur
comme à
l'extérieur
le Livre
des
Portes
et
présentait
sur son
couvercle
un
gisant
en haut
relief.
Il
prenait
place
sur un
lit
funéraire
dont un
élément
de
l'ornementation,
une
magnifique
tête de
guépard
en
calcaire,
a été
retrouvée.
Voici
ci-dessous,
la tête
de
guépard
en
calcaire
ornant
le lit
funéraire.
Vu ses
dimensions,
on n'a
aucun
mal à
imaginer
la
richesse
du
mobilier
qui fut
déposé
dans la
tombe du
grand
pharaon
qui
régna
soixante-sept
ans.

Pour
consulter
plan,
photographies
et
commentaires
sur la
tombe de
Ramsès
II, on
pourra
se
reporter
à cette
adresse
:
www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/thebes/fr/ftom.htm
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